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L'histoire du CIRÉ: 60 années d'immigration en Belgique

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C'est en 1954 que le CIRÉ voit le jour. A l'époque, on ne parlait du "Centre d’Initiation pour Réfugiés Politiques". Sa mission principale était de permettre aux réfugiés et aux étrangers de s'initier à la vie économique, sociale et culturelle du pays afin de faciliter leur intégration en Belgique. La méconnaissance de la langue étant vue comme un obstacle majeur à l'intégration, le CIRÉ se voit également confier la tâche de développer des cours de français "spécialisés pour les immigrés".


Les premiers défis

Un premier changement de nom intervient en 1961. On parle alors du "Centre d'Initiation pour Réfugiés et Étrangers" (CIRÉ). Des besoins nouveaux étaient alors apparus sur le terrain durant ce que l' on a appelé les "Golden sixties". Etant donné la conjoncture et les besoins de main d'oeuvre sur le marché de l'emploi, beaucoup de réfugiés n'entreprenaient pas les démarches leur permettant d'avoir accès au statut de "réfugié" malgré leur présence sur notre territoire.

L'année 1976 marque un tournant dans l'histoire du CIRÉ. L'association étend ses activités au domaine de l'accueil des réfugiés et des étrangers. Elle coordonne désormais leur installation et leur intégration dans notre pays. Le CIRÉ est alors habilité à mettre en place exceptionnellement en cas d'urgence un service social temporaire et des centres d'accueil pour réfugiés en collaboration avec les pouvoirs publics et les services sociaux en charge de cette question.


Des besoins à l'image du contexte international

Le contexte international au début des années '90 entraîne l'arrivée massive de réfugiés sur notre territoire. A cette époque, le nombre de demande d'asile s'accroît considérablement. En 1993, de grandes organisations telles que Amnesty International, le MRAX et l'ADDE décident de devenir membres du CIRÉ. Sous leur impulsion, le CIRÉ élargit un peu plus encore ses services et ses activités. Un redéfinition de ses objectifs s'impose alors. Dorénavant, le CIRÉ coordonnera le travail d’accueil et d’intégration mené par les organisations et associations membres et s'occupera également de la sensibilisation de l’opinion publique à la problématique des demandeurs d’asile et des réfugiés.


"L'intégration" au sens large

Pour mener à bien ses nouvelles missions, le CIRÉ propose un certain nombre de services propres aux demandeurs d'asile et aux réfugiés. Parmi ceux-ci, il y a le service "Logement". Après avoir posé le constat que les réfugiés ont de plus en plus de problèmes pour se loger en Région bruxelloise, le CIRÉ décide de mettre en place un service "Logement" qui crée un "Fond de prêt de garanties locatives" pour aider les demandeurs d'asile à s'installer en logement privé.


Centres fermés pour étrangers

En 1994, la construction du centre fermé 127 bis et du centre INAD pousse le CIRÉ à mettre en place un comité réunissant les personnes disposant d'un laisser-passer pour la zone de transit afin d'évaluer l'aide juridique et sociale qui est apportée par les ONG aux illégaux ou aux demandeurs d'asile déboutés.En 1996, une grande campagne de sensibilisation est lancée par le biais d'une exposition interactive invitant les visiteurs à se mettre dans la peau d'un réfugié et à vivre son parcours. Cette exposition s'intitule "Sans invitation à un voyage pas comme les autres".

En 1996, le CIRÉ change une nouvelle fois de nom et devient : "Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers". Un an plus tard, le CIRÉ pose officiellement la question de la régularisation des sans-papiers en organisant un débat intitulé "Sans-papiers à la recherche de solutions constructives: la régularisation". Les conclusions de cette rencontre sont claires: la Belgique n'échappera pas à ce débat et devra procéder à la régularisation de plusieurs catégories d'étrangers. Le "Mouvement National pour la Régularisation des Sans-papiers et des Réfugiés" est lancé officiellement en 1998. Une centaine d'associations francophones et néerlandophones y adhèrent. Les sans-papiers occupent des églises dans plusieurs grandes villes. Ce mouvement débouchera sur la campagne de régularisation de 1999-2000.


Opérateur d'accueil avec VwV

A partir de 1999, le CIRÉ devient également opérateur d'accueil et signe une convention avec le Ministère de l'Intégration sociale pour l'accueil de 300 demandeurs d'asile en logements privés. Une autre convention est signée en 2003 avec Fedasil. La capacité d'accueil s'élève actuellement à 600 places. D'autres campagnes de sensibilisation de grand ampleur seront également mis en place à partir de1999. Parmi celles-ci, "De l'exil au Droit d'asile, un vrai labyrinthe" et les différentes éditions de la campagne "On a tous besoin de vivre quelque part".

Aujourd'hui, le CIRÉ est aux côtés des sans-papiers dans leur combat pour leur régularisation: grève de la faim des Iraniens à l'ULB, celle des Afghans à l'église Sainte-Croix, celle de l'église Saint-Boniface... Le CIRÉ réclame avec le Forum Asile et Migrations la fin du règne de l'arbitraire en matière de régularisation et la mise en place d'une procédure qui se baserait sur des critères clairs et permanents ainsi que la mise en place d'une Commission permanente de régularisation qui serait notamment chargée d'évaluer les attaches durables que les personnes sans-papiers auraient développées en Belgique.